CONCLUSIONS



Les logiciels d’aide au diagnostic sont des outils informatiques qui proposent une liste classée de pathologies et d’examens complémentaires cliniques ou paracliniques en rapport avec les données de l’observation du patient fournies par le praticien. Nous avons réalisé une enquête pour connaître l’opinion des médecins généralistes (MG) sur cette aide informatique au diagnostic. L’enquête par voie postale a concerné 2 groupes de 200 MG tirés au sort, le premier constitué de MG du département du Puy de Dôme dont nous avons distingué deux sous-groupes selon qu’ils étaient informatisés (86,7 %) ou non, le second constitué de MG clients de la société " Solution-AS " pour le logiciel d’aide au diagnostic " Le Sémiologiste ". Les taux de réponse sont de 56,5% pour le groupe "  Le Sémiologiste ", et 47% pour le groupe Puy de Dôme.

Les MG non informatisés du Puy de Dôme ont un âge moyen de 52,9 ans et un taux de féminisation de 50% ; ils exercent à 80% en secteur 1 et jamais en cabinet de groupe ; 54,5% n’ont pas d’orientation ni d’exercice particuliers. Ils réalisent 18,9 actes par jour, sont 60% à télétransmettre les feuilles de soins et 11% à être maître de stage de médecine générale. Les MG informatisés du Puy de Dôme ont un âge moyen de 46,2 ans et un taux de féminisation de 27% ; ils exercent à 93,5% en secteur 1 et à 56,6% en cabinet de groupe ; 80,3% n’ont pas d’orientation ni d’exercice particuliers. Ils réalisent 24,2 actes par jour, sont 95% à télétransmettre les feuilles de soins et 14,3% à être maîtres de stage ; 19,2% utilisent parfois les sites Internet pour l’aide au diagnostic, et 7,7% possèdent un outil informatique d’aide au diagnostic. Les MG du groupe " Le Sémiologiste ", informatisés à 100%, ont un âge moyen de 49,7 ans et un taux de féminisation de 3,64% ; ils exercent à 85,3% en secteur 1, à 3,7% hors convention, et à 35,5% en cabinet de groupe. 71,4% n’ont pas d’orientation ni d’exercice particuliers. Ils réalisent 25,3 actes par jour, sont 89,9% à télétransmettre les feuilles de soins, et 11,9% sont maîtres de stage. 25% utilisent les sites Internet pour l’aide au diagnostic.

Les résultats de notre enquête montrent que, dans leur grande majorité, les MG du Puy de Dôme ne connaissent pas les logiciels d’aide au diagnostic ; les plus réticents pensent que le diagnostic est du ressort du médecin et non d’une machine ; la plupart des MG du sous groupe non informatisés semblent réfractaires à l’informatique ; en revanche, la plupart des MG du sous-groupe informatisés demandent à découvrir les logiciels d’aide au diagnostic, éventuellement à s’y former et peut-être à investir, en moyenne jusqu’à 60% du prix demandé par les fabricants. A l’opposé, les MG équipés de logiciels d’aide au diagnostic (groupe " Le Sémiologiste ") sont globalement satisfaits de ce qu’ils leur apportent dans leur pratique quotidienne ; ils les utilisent plusieurs fois par semaine et plus que les sites Internet ; ils considèrent que ces outils leur permettent d’être plus exhaustifs dans leur démarche, d’éviter des errements par omission ou méconnaissance, de hiérarchiser les examens, d’améliorer les bilans initiaux et de réexaminer un patient avec un œil différent, et qu’ils sont un véritable moyen de formation médicale actualisé ; quelques uns critiquent un côté trop rudimentaire, une incomplétude, et un accès à l’information trop long, mais avouent souvent ne pas maîtriser ces outils. Concernant les intentions d'utilisation d'un hypothétique logiciel d'aide au diagnostic simple améliorant de façon significative et validé la pertinence et la qualité des soins, si les médecins du groupe " Le Sémiologiste " sont intéressés, les médecins du groupe " Puy de Dôme " dans leur majorité n’en voient pas l’intérêt ou n’y croient pas.


Parallèlement à la nécessaire poursuite du développement des outils informatiques d’aide au diagnostic en médecine générale, il serait utile d’intensifier la recherche permettant de qualifier et de quantifier leur effet réel sur la qualité et le coût des diagnostics et donc des soins. L’information et la formation des médecins dans ce domaine doivent aussi être favorisées. Une formation et un temps de prise en main semblent indispensables pour en tirer pleinement partie. Il ne s’agit pas de confier le diagnostic à une machine, et ces logiciels ne semblent vraiment utiles que si l’observation du patient est bien conduite. Une relation de qualité avec le patient, le raisonnement et les décisions du praticien, et le recours aux confrères spécialistes gardent toute leur place.



 

Le Président du jury de thèse,

Pr L. DAVID

VU ET PERMIS D’IMPRIMER

LYON, le 8 juin 2004




Vu, le Doyen de la Faculté

de Médecine LYON-RTH LAENNEC,

Pr D. VITAL-DURAND

Pour le Président de l’Université,

Le Président du Comité de Coordination des Etudes Médicales,

Pr F. MAUGUIERE


Raphaël MAVILLE© 30 juin 2004