Introduction

Introduction

L'utilisation de l'informatique en médecine générale améliore la qualité des soins.

Plusieurs études le démontrent, et notamment:

  • Les taux de vaccination sont améliorés de 8 à 18% (tétanos, grippe), la réalisation d'autres actes augmente, jusqu'à 50% pour le dépistage, la prévention et le suivi: cardiovasculaire, diabète, diététique, tabac, et cancers (colon, col utérin, prostate, sein et utérus)1.
  • Les courriers et ordonnances faites sur ordinateur et imprimés sont constamment lisibles, contrairement aux prescriptions manuscrites, augmentant ainsi la compréhension et la sécurité pour les confrères, les pharmaciens, les paramédicaux et surtout les malades.
  • Les renouvellements d'ordonnances par ordinateur diminuent le temps passé à leur rédaction, ainsi que le coût global de ces prescriptions1.
  • Les médecins généralistes s'expriment davantage (4,9%) et la durée de la consultation est augmentée de 48 à 90 secondes 1, 2.
  • Les patients s'expriment moins (12%) mais leur satisfaction reste identique à celle obtenue sans ordinateur.
  • Certains s'inquiètent du respect du secret médical 1, 2.

Les résultats des études sur l'utilisation de l’informatique dans les hôpitaux peuvent être extrapolés à la médecine générale:

  • les risques d'erreurs sont diminués, grâce aux systèmes d'aide, d'alerte ou de rappel, qu'il s'agisse de la mise en œuvre des protocoles, de la prise en compte des recommandations, des doses ou de la prévention des effets secondaires sévères des traitements3. La qualité des soins en est augmentée, la durée et donc les coûts des séjours en sont diminués3.
  • La complétude des dossiers médicaux est meilleure pour justifier les décisions prises4.

Le transfert de compétence et la coordination des soins peuvent être améliorés par l'informatique. Ainsi, des logiciels d'aide à la prise en charge de pathologies complexes


ou nouvelles (conseil, dépistage, prévention, suivi et traitement) ont été mis au point par des médecins spécialistes pour l'hépatite C dès 1996, puis pour l'hépatite B, les troubles gastro-intestinaux, les endocrinopathies et les maladies cardiaques5. L'étude de leur utilisation montre que :

  • les médecins généralistes sont davantage en mesure de dispenser une partie des soins,
  • les patients sont davantage adressés aux médecins spécialistes au moment adéquat,
  • les listes d'attente des consultations spécialisées s'en trouvent diminuées,
  • et la complémentarité entre médecins généralistes et médecins spécialistes en est améliorée5.

Néanmoins, les risques d'erreurs peuvent être augmentés avec l'utilisation de l'informatique:

  • La mauvaise conception des programmes, des interfaces avec l'utilisateur ou la présence de bogues peuvent rendre l'utilisation des logiciels difficile, lente, problématique ou chronophage, voire même dangereuse.
  • Les données peuvent être mal typographiées, non consensuelles, non validées ou devenir obsolètes.
  • Les logiciels fiables peuvent paradoxalement diminuer la vigilance vis-à-vis des erreurs dans les programmes ou les données, toujours possibles3,6.
  • La caducité et la rapide évolution des matériels et des programmes sont aussi à prendre en compte.

Le domaine du diagnostic assisté par ordinateur fait exception :

  • En 1972, un premier logiciel d’aide au diagnostic fut testé pour la prise en charge en accueil hospitalier de patients présentant des douleurs abdominales: son utilisation contraignait à une durée incompressible de consultation de 30 minutes par patient, mais avec une augmentation des premiers diagnostics exacts de 18 à 22%, une diminution des appendicites perforées de 15 à 26% et des laparotomies blanches de 8 à 14%7 d'après 8. La méthodologie employée pour réaliser cette étude fut controversée3.

  • Certaines études concluent tout de même que le diagnostic peut être amélioré par ce type de logiciel sous certaines conditions4.
  • A l’heure actuelle, il n’a donc pas encore été démontré si l’aide informatique au diagnostic a une influence significative sur la qualité des soins3.

    Sans prétendre qu’une enquête d’opinion démontre que l’aide informatique au diagnostic a une influence significative sur la qualité des soins, nous avons estimé qu’il était déjà important de connaître la perception de l’informatique d’aide au diagnostic par les médecins généralistes.

    Quel intérêt portent aujourd’hui les médecins généralistes libéraux informatisés au diagnostic assisté par ordinateur ?

    Quelle est l’opinion sur ce sujet des médecins généralistes libéraux équipés de logiciels d’aide au diagnostic ?

    Quel est le pourcentage de médecins généralistes utilisant une aide informatique au diagnostic aujourd’hui ?

    Après avoir souligné l’importance du diagnostic et ses aspects particuliers à la médecine générale, nous décrivons brièvement les principaux outils d’aide au diagnostic disponibles pour la médecine générale ; puis nous abordons la méthodologie employée pour réaliser notre enquête, et les résultats obtenus. Nous discutons ensuite de ceux-ci.


    Raphaël MAVILLE© 30 juin 2004